Une jeune femme séduisante et prête à tout pour vivre le grand amour... Elle l'avait trouvé, ce grand amour. Il se nommait Norhael. Il était lui aussi amoureux fou de sa Larëlia, alors, il n'y avait pas de soucis, non ? Si ? Non. Mais il y avait eu cet accident. Cet horrible, énorme, inconcevable accident. Du moins pour la jeune femme. Pour le reste du monde, cela resterait un fait divers dans les journaux. Un homme qui avait trop bu et qui avait embouti une voiture.
- Seulement dans cette voiture, il y avait un autre homme, un homme innocent ! hurla Larëlia. Un homme qui aimait, qui était aimé, et qui attendait un enfant, en plus ! Il ne connaîtra jamais son fils par Ta faute ! Alors comme ça, Tu es la meilleure personne au monde ? Qu'est-ce qu'il avait fait, mon Norhael, pour mériter ça ? Lui aussi, il était bon, et sûrement bien plus que Vous ! Si Vous êtes réellement tout-puissant, pourquoi avez-Vous permis ça ? SALAUD !
Ce dernier cri du coeur ébranla la minuscule église dans laquelle Larëlia se trouvait. Ses parents s'en occupaient et y habitaient lorsqu'elle était plus jeune, mais un cancer les avait emportés depuis bien des années déjà. Ils fumaient. Enfin bref, Larëlia avait donc été élevée dans une attitude très pieuse, et elle croyait avec ferveur en ce Dieu qui était censé aimer et protéger tout le monde. Seulement là, ses croyances étaient sérieusement remises en question... Pas sur l'existence ou pas de Dieu. Plutôt sur sa bonté ou sa toute-puissance. Ca, on l'avait compris. Lorsqu'elle se mit à jeter les crucifix et les statuettes dans tous les coins, le démon embusqué dans un recoin jugea qu'il était temps d'intervenir.
- Alors comme ça, toi aussi tu trouves qu'Il se prend pour quelqu'un mais n'est bon à rien... susurra-t-il.
- Qui êtes-vous ? se braqua Larëlia.
- Une personne qui a été extrêmement déçue par une connaissance commune, il me semble. D'ailleurs, apparemment, elle t'a fait le même coup qu'à moi...
Larëlia fondit en larmes.
*****
Une crise de larmes, ça chasse le chagrin, et soit vous calme, soit fait venir la colère. Et plus elle est longue, plus la conséquence est énorme. Larëlia pleura pendant trois jours entiers. Avec le démon à ses côtés qui lui murmurait des paroles suintantes, rampantes, viles à faire peur.
Il t'a trahi... Il ne fait jamais attention à personne, de toute façon... Rejoins-nous, tu pourras te venger, et tu retrouveras ton amour perdu...Larëlia, à la fin de ses pleurs, choisit la deuxième option. La colère. Une colère qui l'envahit d'abord sournoisement, puis éclata d'un coup.
- Je me vengerai, Tu entends ? hurla-t-elle en levant son beau visage vers le ciel, ce visage qui allait bientôt refléter une souffrance perpétuelle. Je me vengerai !
Faut-il faire confiance à un démon ? Non. Jamais. Quelles que soient les paroles et les arguments dont il vous abreuve. Celui-ci ne tint pas plus sa promesse que d'autres avant lui. Il tua Larëlia. Son âme lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Sauf qu'elle était plus pâle que la mort, que ses cheveux étaient devenu de la même couleur que sa peau, d'un blanc de fantôme, et qu'elle avait un regard à faire peur. Des larmes coulaient pratiquement sans arrêt de ses yeux. Des larmes d'un rouge vif. Le sang de son coeur, qui avait été lacéré sans pitié par cette créature qui prétendait vouloir l'aider.
Larëlia s'enfuit des enfers. Et trouva Hellsheim, cité de l'envers du miroir.
Elle erra quelques jours dans les rues, se familiarisa avec le endroits dangereux, les endroits paisibles (il n'y en avait pas beaucoup) et les endroits où elle pouvait être seule avec ses regrets. Ceux-là, ils étaient nombreux, mais toujours, à un moment ou à un autre, des gens venaient se l'approprier à leur tour. Un jour, elle dénicha une demeure abandonnée et décida d'y loger. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant soudain arriver l'habitant des lieux... Il ressemblait trait pour trait à son Norhael, avec quelques changements bien sûr, mais d'après ce qu'elle avait pu voir, tout le monde dans cette étrange cité avait plus ou moins changé...
Tu voulais de l'originalité, j'espère que ça t'ira ! Je vais te poursuivre de mes assiduités et tu ne m'échapperas pas, gna ah ah ah !

_________________
Des larmes de sang coulent sur mon visage et toi tu refuses de le voir...

Tu ne m'échapperas pas !